Sindbad PUZZLE

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dimanche 2 juin 2013

mardi 28 décembre 2010

Marilyn Manson on Satanism


Marilyn Manson avec Anton Szandor LaVey, fondateur et grand prêtre de l'église de Satan

"The doctor was the preferred name of Anton Szandor LaVey, founder and high priest of the Church of Satan. What nearly everybody in my life had misunderstood about Satanism was that it is not about ritual sacrifices, digging up graves and worshipping the devil. The devil doesn't exist. Satanism is about worshipping yourself, because you are responsible for your own good and evil. Christianity's war against the devil was always been a fight against man's most natural instincts - for sex, for violence, for self-gratification - and a denial of man's membership in the animal kingdom. The idea of heaven is just Christianity's way of creating a hell on earth."

Marilyn Manson, The long hard road out of hell, Plexus, p. 164

lundi 27 décembre 2010

Marilyn Manson : "The long hard road out of hell"



Avis personnel :

Je ne suis pas un fan de Marilyn Manson. Ni du personnage, ni du groupe. A part deux ou trois chansons de ce groupe et le fait qu’il joue du Metal, je ne connais pas grand chose de lui. Je dois même dire que c’est un groupe que je n’apprécie guère même si je trouve leurs reprises de quelques tubes (Sweet Dreams, Tainted Love) superbes, surtout le clip vidéo de Sweet Dreams.
J’ai pris ce livre tenté par les critiques élogieuses des lecteurs et de la presse mais aussi parce que je voulais découvrir la vie de Marilyn Manson, son enfance, son adolescence, ses influences musicales, et voir comment il a construit son personnage. De plus, lire une autobiographie, c’est également pour moi un moyen de pénétrer dans une société et la voir vivre de l’intérieur. Les rock-stars sont généralement issues des classes moyennes ou défavorisées et en lisant leurs autobiographies, on entrevoit la vie quotidienne et les problématiques de cette classe moyenne qui constitue toujours la couche la plus large d'une société.
En regardant la couverture et en feuilletant le livre, on voit d’emblée l’ambition affichée par son auteur : se démarquer des autobiographies écrites par les autres rock-stars et faire de "The long hard road out of hell" une œuvre d’art révélant la singularité du personnage et son niveau d’ouverture intellectuelle et culturelle. Ainsi, la couverture est belle, le livre est magnifiquement illustré avec des photos provenant des archives personnelles de Marilyn Manson et de dessins originellement réalisés pour illustrer "La Divine Comédie : L'Enfer" de Dante. Chaque chapitre s’ouvre par des citations d’écrivains, d’artistes et de philosophes (Pierre Boaistuau, Bertrand Russell, Nietzsche, Frank Sinatra…) et les sous-parties sont séparées par des titres renvoyant à des descriptions de l’enfer tel qu’imaginé par Dante. La narration suit également un déroulement atypique alternant des évocations chronologiques avec des interviews et des éléments biographiques regroupés par thèmes (drogues, tournées...).
Les premiers chapitres évoquent l’enfance et l’adolescence de Brian Warner (Marilyn Manson). Très tôt, l’enfant en jouant aux explorateurs avec son cousin, découvre dans la cave de la maison de ses grands-parents paternels toutes les perversions humaines à travers la collection de revues et d’objets pornographiques, zoophiles et sadomasochistes de son grand-père. Cette découverte fascine l'enfant et le plonge en même temps dans un monde de terreur. Il apprend également que son grand-père, plusieurs années auparavant, ayant été transporté à l’hôpital à la suite d’un accident de la route, avait été découvert par les infirmiers portant des vêtements féminins sous ses habits d’homme.
Afin de recevoir une éducation de qualité, Brian est inscrit dans un collège privé. Il y découvre, à travers les cours de catéchisme, le fanatisme religieux, les opinions rétrogrades et l’hypocrisie d’une Amérique puritaine et conservatrice. Brian se réfugie alors dans la rébellion et la provocation et fait tout pour se faire renvoyer. Il devient un enfant isolé, introverti et complexé, notamment par son extrême maigreur. Se sentant rejeté, il se met à écouter les groupes de Metal, considérés comme des suppôts de Satan, et affiche avec ostentation leurs insignes afin de choquer ses professeurs et ses camarades. A la suite de ses années de collège, Brian choisit de réintégrer un lycée public. Il rejoint le groupe de rock du lycée,  a sa première relation sexuelle et fume son premier joint. Cette période de sa vie de lycéen nous est relatée par Marilyn Manson avec beaucoup d'humour et de truculence et on rit vraiment. C'est également à cette période qu'il commence sérieusement à écrire de la poésie et des textes gothiques et songe à se faire publier. Il les envoie un jour à une revue spécialisée dans le Metal mais reçoit un refus poli de celle-ci qui en profite dans le même temps pour lui refourguer une offre d'abonnement au magazine à un tarif soi-disant exceptionnel. C'est durant ses études supérieures, en théâtre et en journalisme, et en travaillant comme journaliste pour gagner sa vie que Brian découvre le monde du show-business et décide de monter son groupe de Metal. Il se transforme alors en Marilyn Manson, combinaison de noms de deux personnages (Marilyn Monroe et Charles Manson) sensés évoquer pour lui les deux facettes de l'Amérique : glamour et trash.
Par delà, les difficultés d’un enfant introverti puis d'un adulte frustré, ce qui est frappant de constater c’est l’ambition qui anime Marilyn Manson de devenir célèbre et reconnu. Lorsqu'il se trouve face à des personnes risquant de compromettre sa carrière artistique, il n'hésite pas à échafauder des plans de meurtres pour se débarrasser d'elles. De plus, nous le voyons manifester énormément de mépris envers les junkies et les consommateurs de drogues dures alors que lui-même donnera toujours de Marilyn Manson, l'image d'un groupe de défoncés. Et, on peut se poser alors des questions sur la sincérité de toute la démarche artistique de Marilyn Manson. N'a t-elle pas été adoptée dans le seul but de se rendre célèbre, de faire parler de lui, de créer du buzz autour du groupe ? Personnellement, de nombreuses attitudes et considérations artistiques de Marilyn Manson me sont apparues contradictoires et souvent vaseuses. Comme cette opération de grande envergure consistant à dérober dans les crèches de Noël toutes les statuettes basanées des Rois Mages afin de dénoncer le racisme d'une Amérique blanche ! La manœuvre passa totalement inaperçue et contrairement aux attentes de Marilyn Manson aucun journal ne s’en fit l’écho.
J’ai lu plusieurs mises en garde de lecteurs concernant les aspects durs, choquants, obscènes et sordides qu'on pourra lire dans le livre. Personnellement, je n’ai rien trouvé de plus que le lot habituel de détails scabreux que l’on trouve dans toutes les autobiographies de rock-stars. Il suffit de lire celles d’Iggy Pop ou d'Anthony Kiedis pour voir qu’il n’y a rien de nouveau dans tout ce qui est relaté par Marilyn Manson dans la débauche, les excès et les frasques des rock-stars ou de leurs fans.
Enfin, Marilyn Manson nous laisse entendre par le titre de son autobiographie que son parcours de vie est un long et pénible cheminement vers la sortie à travers les méandres de l'enfer de la drogue. Si effectivement dans les dernières pages du livre, Marilyn Manson nous déclare s'être libéré de l'addiction aux drogues, le journal de bord de la tounée "Antichrist Superstar" qui clôture le livre nous montre un Marilyn Manson plongeant à nouveau la tête la première dans l'enfer de la drogue. Cette contradiction a de quoi nous laisser perplexes.
Sous ses allures intellectuelles et artistiques, l'autobiographie de Marilyn Manson ne m'a pas séduit et intéressé autant que "Scar Tissue" d'Anthony Kiedis. L'autobiographie de Marilyn Manson manque de quelque chose de convaincant, peut-être tout simplement d'une certaine cohérence entre les propos et l'exposition des faits. Je suis en outre resté sceptique quant à l'honnêteté et à la sincérité de toute la démarche non seulement artistique mais également personnelle de Marilyn Manson.

mardi 30 novembre 2010

Anthony Kiedis : No shortcuts to God



"I went with Guy O to a kabbalah course the other night, and the lesson was about the four aspects of the human ego, which are symbolized by fire, water, air, and earth. Water represents the excessive desire for pleasure, and I'm a water sign, and that's been my whole life. I've wanted to feel pleasure to the point of insanity. They call it getting high, because it's wanting to know that higher level, that godlike level. You want to touch the heavens, you want to feel glory and euphoria, but the trick is that it takes work. You can't buy it, you can't get it on a street corner, you can't steal it or inject it or shove it up your ass, you have to earn it. When I was a teenager and shooting speedballs, I wasn't thinking, "I want to know God," but deep down inside, maybe I did. Maybe I wanted to know what that light was all about and was taking the shortcut. That was the story of my life, even going back to my childhood in Michigan, when I'd get home from school by going through a neighbor's backyard and jumping a fence. It didn't mater if I got bitten by a dog or I ripped my pants on the fence post or I poked myself in the eye with a tree branch that I was crawling over, it was all about the shortcut. My whole life I took the shortcut, and I ended up lost."

Anthony Kiedis, Scar Tissue, Time Warner Books, p. 461-2

Anthony Kiedis : Gotta serve somebody

Photo : Ani

"You're feeling like shit ? Go get out of yourself and do something for someone else, voilà, you don't feel like shit anymore. You're confused and you're driving yourself crazy ? Go call a guy who's got three days sober and has no clue what to do. The minute you get out of your self-centered mind-set, you're instantly freed of your own pain. The trick to staying sober is to constantly be of service to another alcoholic. It's like perpetual motion. All these people freely gave you what was given to them, and now you get to give it to someone else. It's a constant source of energy, like recharging a battery, only there's no pollution or toxic runoff.
The reason the program is so successful is because alcoholics help other alcoholics. I've never met a Normie (our lingo for a person who doesn't have a problem with drugs or alcohol) who could even conceive of what it's like to be an alcoholic. Normies are always going, "There's this new pill you can take and you won't want to shoot heroin anymore." That shows a fundamental misunderstanding of alcoolism and drug addiction. These aren't just physical allergies, they're obsessions of the mind and maladies of the spirit. It's a threefold disease. And if it's partly a spiritual malady, then there's a spiritual cure.
When I say spiritual, I'm not talking about chanting or reading Eastern philosophy. I'm talking about setting up the chairs at a meeting, picking up another alcoholic and driving him across town to a meeting. That's a spiritual lifestyle, being willing to admit that you don't know everything and that you were wrong about some things. It's about making a list of all the people you've harmed, either emotionally or physically or financially, and going back and making amends. That's a spiritual lifestyle. It's not a fluffy etheral concept.
My friend Bob Forrest is a spiritual person. He doesn't go to church and he doesn't talk about God and he doesn't go do charity events on weekends, but he'll sit and talk for hours to a guy in jail who can't stop smoking crack. That's curing Bob of his spiritual malady, because he's willing to do something that's not really for him, it's for the other guy. He's not doing it with the expectation of getting anything out of it, but as a by-product, hi is."

Anthony Kiedis, Scar Tissue, Time Warner Books, pp. 460-1

Anthony Kiedis : Ressentiment et prière (Resentment and prayer)

John Frusciante

"When John left the band, I resented him for not being my friend and for abandoning our musical comradeship. But all the time that he was out of the band and going through his anguish, I prayed for him constantly. From going to meetings I'd learned that one of the reasons that alcoholics get loaded is because they harbor resentments. One of the techniques they teach to get rid of a resentment toward somebody is to pray for him or her to get everything that you want for yourself in life - to be loved, to be succesful, to be healthy, to be rich, to be wonderful, to be happy, to be alive with the light and the love of the universe. It's a paradox, but it works. You sit there and pray for the person you can't stand to get everything on earth that you would want for yourself, and one day you're like "I don't feel anything bad toward this person."
That was part of the reason I prayed for John. The other part was that I didn't want him to die a sad and miserable death, so I prayed for him almost every day. I would sit there and say, "Whoever's out there, whoever's getting this thought from my mind, could you please look after John Frusciante, because he needs it."

Anthony Kiedis, Scar Tissue, Time Warner Books, p. 397

lundi 29 novembre 2010

Anthony Kiedis : Chiva

Photo Nuno Oliveira

"The drive downtown is an experience unto itself. You're controlled by this dark energy that's about to take your to a place where you know you don't belong at ths stage in your life. You get on the 101 Freeway and it's night and it's cool outside. It's a pretty drive and your heart is racing, your blood is flowing through your veins, and it's kind of dangerous, because the people dealing are cut-throat, and there are cops everywhere. It's not your neck on the woods anymore, now you're coming from a nice house in the hills, driving a convertible Camaro. So you get off at Alvarado and make the right.  Now your senses go into this hyper-alert radar situation. Your mission is to buy these drugs, and you don't want anything interfering with that, it's like being in a battle where your life is going to depend on seeing everything around you, the guy on the corner, the undercover cops, the black-and-whites. You don't want to commit any obvious traffic infractions, so you signal and make your left onto Third Street, cognizant the whole time of any cars behind you. Then you go two blocks and you're passing Mexican families and a couple of motels and a corner store and there's a grocery store at the left, which was the scene of many incidents in your life with Jennyfer when you used to shoot up in the car and start throwing up out the window. All these memories are flooding back at you, and the minute you make the right onto Bonnie Brae, half a block up on the left, you see groupings of dealers. They're incredibly agressive, and they watch every car that comes around that corner to see if it's a car there to buy stuff. You either pull straight up on Bonnie Brae or you make a left onto the next side street, and they come swanping down upon you. They're in your passenger window, they're in your back window, and you have to choose which madman you're going to buy from.
The dealers are used to people buying twenty dollars' worth, or fifty or maybe sixty, but you pull out a wad of hundreds and tell them you want five hundred dollars' worth. They can't even keep five hundred dollars' worth of crack in their mouths, which is where they store it, just like the balloons of heroin, under ther tongues, so they start hustling and pooling their resources and come to you with a handful of saliva-covered crack. You make the deal and then you ask these guys. "Who's got the Chiva ?," and they point. Chiva is the dope. Then you go to another block and buy three, four, or five balloons, the whole while trying to make it happen quick, because the cops could be there any second. By now you know where to get pipes, and you're buying the little Brilo pads to use as screen in the pipe, all the techniques that you picked up from the street dealers. Then you go home and get high."

Anthony Kiedis, Scar Tissue, Life Warner Books, p. 323

Photo Ross Reyer

Anthony Kiedis : Une guitare signée par les Stones contre un peu de came

"But now I had no money, no stuff, and was in a frenzy to get high.
What I did have was a beautiful white Stratocaster guitar signed by all of the Rolling Stones. Tommy Mottoloa had given it to me when he was trying to sign the Chili Peppers to Sony/Epic. Il figured I could go downtown and get a least of couple hundred dollars' worth of dope for that guitar. So I went down to those dimly lit back alleys where the men sell their wares, but there was only one guy working the street at that late hour.
"What can I get for this ?" I asked him, proffering the guitar.
He shrugged, "Nothing."
"No, no, you don't understand, "I pressed on. "This guitar is signed by the Rolling Stones."
"Dinero, senor, dinero," he kept repeating. He was fresh up over the border, and he obviously couldn'h speak English and didn't give a rat's ass about the Rolling Stones.
"But this is valuable, " I protested.
He finally offered me the tiniest amount of heroin I'd ever seen.
"No, more", I begged, but he indicated it was that or nothing. I was so desperate that I bartered the signed guitar for some drugs that would get me high for about ten minutes."

Anthony Kiedis, Scar Tissue, Time Warner Books, p. 365

mercredi 24 novembre 2010

Anthony Kiedis : Scar Tissue

Anthony Kiedis with Larry Sloman, Scar Tissue, Time Warner Books


4e de couverture :

In 1983 four self-described "knuckleheads" burst out of the neo-punk rock scene in LA with their own unique brand of cosmic hard-core mayhem funk. Over twenty years later, the Red Hot Chili Peppers, against all the odds, have become one of the most successful bands in the world. Though the band has gone through many incarnations, Anthony Kiedis,the group's lyricist and dynamic lead singer, has been there for the whole rollercoaster ride.
Scar Tissue is Kiedis's searingly honest memoir - a strory of dedication and debauchery, of intrigue and integrity, of recklessness and redemption. It is a story that could only have come out of Hollywood.

Avis personnel :

Bon, il faut que je vous le dise d’emblée : contrairement à ce que l’on pourrait croire au vu du nombre de billets sur les Red Hot Chili Peppers sur ce blog, je ne suis pas un fan de ce groupe. Le peu que je connais de ce qu’ils ont fait, j’aime bien, mais à part les Greatest Hits, je n’ai jamais acheté aucun de leurs albums.
Je ne les ai découverts que depuis deux mois environ après avoir été bluffé par le clip vidéo de leur chanson « Californication ». Je me suis alors penché sur ce groupe et en faisant mes recherches sur Internet, je suis tombé sur "Scar Tissue", l'autobiographie d’Anthony Kiedis, le chanteur du groupe. J’ai décidé de lire ce livre, tenté par les commentaires élogieux des lecteurs et les critiques favorables de la presse.
Avec « Scar Tissue », on plonge complètement dans l’univers du sexe, drogues et rock and roll . On reste abasourdi par la quantité de drogues dures injectées par Kiedis dans son corps et le nombre de ses conquêtes féminines, sans compter les innombrables relations sexuelles de passage avec des groupies lors des tournées. La musique, quant à elle, apparaît relativement tardivement, quasiment à la majorité de Kiedis, mais il va y alors plonger la tête la première et très rapidement son groupe deviendra l'un des groupes phares de la scène underground et se fera connaître par son son grunge-funk.
C’est encore enfant qu’Anthony Kiedis découvre aux côtés d’un père déjanté et dealer le monde de la drogue, du sexe, de la nuit et du show-biz. A l’âge de onze ans, son père lui propose son premier joint. A 12 ans, il lui arrange sa première relation sexuelle. A 16 ans, Anthony Kiedis est devenu un consommateur assidu de shit et a touché à la cocaïne et à l’héroïne dont il deviendra rapidement accro. C’est vers l’âge de 16 ans que Kiedis s’intéresse véritablement à la musique et découvre la scène musicale underground de Los Angeles avec le mouvement punk-grunge en plein essor.
A travers la vie d’Anthony Kiedis, "Scar Tissue" nous offre un panorama de la vie américaine des classes moyennes. Le lecteur découvre les problèmes de la société américaine avec une jeunesse gangrénée par la drogue et le sexe, déboussolée par la déliquescence des liens familiaux et des repères moraux. Le lecteur pénètre dans la scène musicale underground de Los Angleles et assiste à l’émergence du punk-grunge durant les années 80. Mais les parties du livre qui intéresseront le plus les fans des Red Hot Chili Peppers sont celles où Anthony Kiedis évoque le processus artistique de création des albums, les méthodes de travail du groupe, les circonstances ou faits divers qui ont inspiré l’écriture et la composition de quelques uns de leurs plus gros tubes. On parcourt avec le chanteur toutes les étapes de la vie du groupe et celle-ci  fut plus que tumultueuse, marquée par la mort par overdose du guitariste charismatique Hillel Slovak, les conflits d’égo exacerbés par les substances illicites, les changements de musiciens et les départs répétés du guitariste John Frusciante.
Tout au long du livre, Anthony Kiedis se livre à nous avec une grande honnêteté. Il ne nous dissimule aucun de ses travers ou de ses erreurs. Il les assume tous et nous le voyons régulièrement s’excuser et faire amende honorable auprès de ceux qui eurent à souffrir de lui, notamment ses petites amies. Le ton de Kiedis est également modeste. Il n’a jamais la grosse tête. Il ne se vante ni de ses conquêtes féminines ni de sa contribution personnelle dans le domaine musical. Il met en avant les qualités et les compétences des autres. Tous ceux qui  lisent "Scar Tissue" en s'attendant à  des révélations croustillantes sur les stars peuvent passer leur chemin car Kiedis ne donne ni dans les ragots ni dans la médisance. La seule personne dont il médit, c’est lui-même. Il reconnaît ses torts, fait preuve d’une grande introspection dans l’analyse de sa personnalité et manifeste beaucoup d'empathie envers les sentiments et les agissements des autres. Aussi, c’est un profond sentiment de reconnaissance que Kiedis éprouve envers les autres et envers Dieu pour tous les bienfaits et les leçons qu’il a reçus. Et c’est régulièrement que nous l’entendons demander à Dieu de bénir les personnes qui croisèrent sa route et firent un bout de chemin avec lui. Je ne peux qu’en faire autant envers lui : God bless Kiedis.

jeudi 18 novembre 2010

Californication : Tidal waves couldn't save the world from Californication



Sublime chanson, sublimes paroles (sans doute parmi les meilleures), sublime vidéo (réalisée à la veille de la sortie de la PS2), les Red Hot Chili Peppers à leur meilleur niveau. Enjoy !

Psychic spies from China
Try to steal your mind elation
Little girls from Sweden
Dream of silver screen quotations
And if you want these kind of dreams
It's Californication

It’s the edge of the world
And all of western civilization
The sun may rise in the east
At least it settles in a final location
It’s understood that Hollywood
Sells Californication

Pay your surgeon very well
To break the signs of aging
Celebrity skin is this your chin
Or is it war your waging

First born unicorn
Hard core, soft porn
Dream of Californication
Dream of Cailfornication

Marry me girl be the fairy to my world
Be my very won constellation
A teenage bride with a baby inside
Getting high on information
And buy me a star on the boulevard
It’s Californication

Space may be the final frontier
But it’s made in a Hollywood basement
And Cobain can you hear the spheres
Singing songs off station to station
And Alderon’s not far away
It’s Californication

Born and raised by those who praise
Control of population
Well, everybody’s been there
And I don’t mean on vacation

First born unicorn
Hard core, soft porn
Dream of Californication
Dream of Cailfornication

Dream of Cailfornication
Dream of Cailfornication

Destruction leads to a very rough road
But it also breeds creation
And earthquakes are to a girl’s guitar
They are just another good vibration
And tidal waves couldn’t save the world
From Californication

Pay your surgeon very well
To break the spell of aging
Sicker then the rest, there is no test
But this is what you’re craving

First born unicorn
Hard core, soft porn
Dream of Californication
Dream of Cailfornication

Dream of Cailfornication
Dream of Cailfornication

lundi 15 novembre 2010

Anthony Kiedis : L'affreuse ironie des drogues



"The horribly ironic cosmic trick of drug addiction is that drugs are a lot of fun when your first start using them, but by the time the consequences manifest themselves, you're no longer in a postition to say, "Wooa, gotta stop that." You've lost that ability, and you've created this pattern of conditioning and reinforcement. It's never something for nothing when drugs are involved."

Anthony Kiedis, Scar Tissue, Time Warner Books, p. 94

samedi 13 novembre 2010

Anthony Kiedis : Enfant de la chance ?


Anthony Kiedis fumant son premier joint à l'âge de 11 ans et photographié par son père

Dans les trois premiers chapitres de son autobiographie "Scar Tissue", Anthony Kiedis, chanteur des Red Hot Chili Peppers, évoque son enfance et son adolescence délurées aux côtés d'un père excentrique, débauché et dealer qui l'initie et l'introduit dans le monde de la drogue, du sexe et de la nuit dès son plus jeune âge.
Ainsi, c'est âgé à peine de 4 ans que Kiedis reçoit un avant-goût de la drogue lorsque son père lui souffle au visage une bouffée de shit qui provoque en lui un sentiment d'euphorie. A l'âge de 11 ans, son père lui propose son premier joint et prend des photos pour en garder le souvenir. Le jeune garçon découvre rapidement le travail de son père car celui-ci se livre ouvertement devant lui à son activité de dealer de shit et de cocaïne. C'est également avec son père que Kiedis découvre le sexe. Il met la main sur la pile des numéros de Playboy et de Penthouse du paternel et rencontre pour la première fois des prostituées. Son père lui livre tous les secrets de l'anatomie intime féminine et arrange pour lui, à l'âge de 12 ans, sa première relation sexuelle. A l'âge de 14 ans, Kiedis est devenu un fumeur de shit assidu et a même goûté aux drogues dures que la cocaïne, le LSD et l'héroïne. Envers ce père qui le fait pénétrer dans un monde étrange et fascinant, Kiedis éprouve une véritable admiration. Son père est son héros, son modèle. Une relation fusionnelle se noue entre le fils et le père. "Scar Tissue" nous offre quelques beaux passages où l'on voit tout l'amour et l'affection que le jeune Kiedis éprouvait envers son père. Et,il faut écouter cet émouvant interview où le père nous parle de sa relation avec son fils et des choix qu'il fit pour son éducation, pour cela, cliquer ici.
Ce qui est absolument stupéfiant de constater en lisant ces trois premiers chapitres, c'est que ces expériences qui pourraient être traumatisantes pour un enfant de son âge, furent vécues par Kiedis d'une manière positive, amusante et avec beaucoup de désinvolture. Kiedis se réjouit même à plusieurs reprises d'avoir vécu ces choses à un âge si précoce et plaint les autres enfants de son école d'avoir une vie tellement réglée et conformiste. Kiedis nous dit que la drogue et le sexe n'entraînèrent aucune conséquence néfaste sur sa scolarité et qu'il fit même partie des bons élèves de sa classe. Le fait qu'en dépit des quantités astronomiques de drogues ingurgitées, Kiedis arrive à garder un tel contrôle sur lui-même et sur la drogue est véritablement extraordinaire. A aucun moment sa vie nocturne et débauchée ne vient empiéter sur sa scolarité pour la perturber. De plus, aucun des effets destructeurs du shit (problèmes de concentration, manque de motivation, instabilité d'humeur, désintérêt pour la scolarité, apathie...) ne viennent altérer le comportement de Kiedis qui nous donne toujours l'effet d'un adolescent bien dans ses baskets, actif, sociable, plein d'allant et d'énergie. De plus, l'éducation extrêmement permissive qu'il reçoit de la part de son père fait qu'en dépit des nombreux chapardages et actes de délinquance qu'il commet, il n'éprouve aucun sentiment de remords ou de culpabilité, en tout cas il ne nous en fait pas part. En lisant ces pages, on demeure également admiratif devant la vigueur de sa constitution physique et mentale. Pour preuve, ce grave accident que connut Kiedis à l'âge de 15 ans. L'un de ses jeux favoris était de grimper sur le toit des immeubles, dont certains de 5 étages, et de se jeter du haut de leur terrasse dans la piscine de la copropriété. Un jour, manque de pot, il atterrit sur le rebord de la piscine et se brise le dos et a les vertèbres tassées. Néanmoins, après quelques semaines de séjour à l'hôpital, fatigué par son immobilité, Kiedis, encore en convalescence, se débarrasse de ses lanières et quitte en clopinant l'hôpital  dans son accoutrement de malade poursuivi par les cris épouvantés des infirmières.
Concernant la période de son adolescence, Kiedis déclare sans ambages : "Adolescence is such a fun time in your life".
Autre chose véritablement étonnante durant cette période de la vie de Kiedis, c'est le peu de place que la musique y tient. En effet, elle n'y est quasiment pas évoquée. Kiedis nous dit juste que son père était un grand fan des groupes des années 60, qu'il était un beatnik et avait une importante collection de disques. Mais Kiedis ne manifeste aucun intérêt pour cette collection et nous ne le voyons jamais écouter de la musique ou nous faire part de ses goûts musicaux. Ce n'est que vers la fin du 3e chapître, alors qu'il a 16 ans, qu'il découvre véritablement, avec  son meilleur ami du lycée Michaël Balzary (Flea), la musique, et s'intéresse à la scène punk de Los Angeles. Flea aussi ne commence l'apprentissage de la bass qu'à l'âge 16 ans sous l'égide de Hillel Slovak que les deux amis ont rencontré quelque temps avant. Ceci est d'autant plus remarquable de la part de Flea quand on voit le grand bassiste qu'il est devenu par la suite.
S'il est une chose que le bon Dieu ou la Nature a accordé généreusement à Kiedis, c'est bien la santé. C'est une force de la nature. Avec les excès et les abus incroyables qu'il a commis dans la drogue et ce dès son plus jeune âge, n'importe qui d'autre à sa place aurait péri ou tout du moins serait sorti considérablement diminué physiquement et intellectuellement. Il suffit de le regarder encore de nos jours pour être bluffé par sa forme physique, sa musculature d'athlète, son poil brillant et sa voix meilleure que jamais. A maintes reprises dans le livre, Kiedis remercie le bon Dieu pour avoir eu tant de chance dans sa vie et s'en être tiré à si bon compte. Et, à un moment donné dans le livre, il se demande même ("What in heaven's name had I done") ce qu'il a pu accomplir de bien pour mériter tant de bonnes choses dans la vie. Seul Dieu le sait.


Les Kiedis : père et fils